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| édition limitée |
sortie : 26 mai 2003 au Japon, 9 juin 2003 en Europe,
10 juin 2003 en France et en Amérique du Nord
à propos des sous-titres
Thom : J'avais des problèmes avec les titres. Hail
To The Thief s'appelle aussi The Gloaming et je voulais lui donner
un sous-titre, alors j'ai décidé de continuer. J'ai toute une
longue liste que je garde sur moi, et c'est de là qu'ils viennent. Et
aussi des programmes pour enfants parce que j'en regardais quelques uns. Surtout
Bagpuss. J'aime bien Bagpuss.
par rapport aux deux albums précédents
Thom : À l'époque, il était juste question
d'essayer les choses qu'on aimait. C'était ça en fait. Après
OK Computer, c'était le point de "On est là, on
a fait ça, ça nous gonfle - faisons autre chose.
Avant quand on entrait en studio ça tournait au scénario classique
qui cause la séparation des groupes - lorsqu'il n'y a aucune préparation
et personne ne sait ce qu'il se passe et ça devient juste histoire d'être
en studio.
Tout le monde avait une idée des nouvelles chansons en terme d'idées
musicales, mais personne n'avait d'idée sur la façon de les faire.
Phil suggérait de couper, ou de répeter des parties.... Tout ça
fait partie du processus d'écriture pour nous. C'est assez difficile
à expliquer.
Se retrouver dans une pièce et jouer, c'est pas qu'on vénère
cette façon de faire comme était la seule, mais c'est une capacité
qu'on est conscients d'avoir et sur certains morceaux, c'est une très
bonne méthode de travail. Mais sur d'autres, ça peut sonner creux
et ne pas marcher, et alors tant pis.
On a eu six mois pour gérer tout ça. Kid A et Amnesiac
c'etait nous en train d'écumer les possibilités de faire autre
chose - mais, cela dit, le résultat final c'est toujours nous. On pourrait
continuer à écumer pendant des années, et toujours sonner
comme nous. Et peu importe à quel point on essaie de faire autre chose.
heheheheheh.
à un journaliste du NME
Thom : Je ne sais pas si vous avez cette experience dans
votre boulot, mais dans le mien, vous rencontrez des gens qui ont cessé
d'être humains. Vous voyez, dans un bureau il y a toujours un connard
ambitieux qui se fiche completement de savoir si il fait du tort à quelqu'un,
et qui pense vraiment avoir raison de le faire ? Ou si vous rencontrer
un homme politique puissant - c'est comme serrer la main à du vide. La
tornade qui n'a rien dans son oeil. The Gloaming selon moi, explore
ces ténèbres malsaines, qu'il semblent impossible de contrer.
Il s'enfonce dans son fauteuil, et fait une grimace.
"Et voilà ! Enfermez-moi !" Je pense qu'on
a fini par être contents et positifs sur ce qu'on est devenus. Pendant
la tournée, les nouveaux morceaux semblaient - ils semblaient être
des morceaux où les gens comprenaient qu'il se passait quelque chose,
c'était une expérience beaucoup plus positive et vivante. Je ne
pense pas que ça sonne plus rock, je pense juste ça sonne plus
vivant.
On a décidé qu'on allait pas progresser. Qu'on allait faire un
pas vers la gauche, un pas en arrière, un pas un peu sur la droite et
puis en avant, et après qu'on tournerait en rond.
relation entre le titre de l'album et l'election de Georges
Bush
Thom : En fait, ce qu'il faut bien voir c'est que j'ai coupé
toutes ces choses, ces mots et je les ai retiré délibérement
de leur contexte, donc c'est un peu comme un papier peint. Et puis, lorsque
j'avais besoin de mots pour les chansons, je les décollais de ce papier
peint, et ils étaient donc en dehors de tout contexte politique. Et c'était
en quelque sorte l'intérêt. L'intérêt c'était
ce language très puissant, mais que je ne voulais pas utiliser pour dire
quelque chose de déliberé, parce que ça n'aurait pas marché.
Si on essaye d'écrire un truc politique c'est juste... merdique. À
moins que vous ne soyez The Clash, et dans ce cas là vous vous en sortez.
Mais nous on ne peut pas, et on n'en a pas l'intention.
Ça n'était pas completement calculé. C'etait le bruit qui
trainait chez moi, alors c'est le bruit qui a fini dans les chansons. C'était
pendant la guerre en Afghanistan et tout ça, et il y avait beaucoup de
ressentiment. Tout était ressentiment. C'était comme entendre
la conversation de quelqu'un d'autre et que ça déclenche quelque
chose dans votre esprit. J'essayais déliberement d'enlever toute la colère
de tout ça.
Ca a été un choc pour moi, lorsque j'ai tout relu, que ça
soit tellement rageur, parce que ça n'était pas du tout l'intention,
et je n'avais jamais vécu cette situation auparavant avec les paroles.
La seule raison pour laquelle elles sont finalement comme elles sont, c'est
que les sons marchent avec la musique. Alors s'il n'y a pas la musique dès
le départ, je ne m'en sortirais pas. Sur le papier, on dirait de la mauvaise
poésie, parce que c'est ce qu'elles sont, c'est des paroles de chansons,
pas des poèmes. La musique c'est l'énergie qui assemble les choses.
Avec la plupart des paroles, comme celles de Go To Sleep par exemple,
je me disais "Bon, ça ne veut vraiment rien dire, il va falloir
que je réécrive tout". Puis, en studio, le jour de l'enregistrement,
je n'avais finalement rien écrit du tout alors c'était "Bon,
va falloir faire avec". Et maintenant que je vois le résultat, je
me dis que c'est les paroles dont je suis le plus fier. Elles sont involontaire,
c'était pas mandaté, elles n'essayaient pas de prouver quoi que
ce soit, mais quelque part au fond de ma tête, tout ça se passait.
Je n'ai remarqué toute cette colère qu'après coup. Jonny
et moi avons eu une conversation là-dessus et on s'est dit "Nom
de Dieu..." Ca n'était pas intentionnel. Après avoir écrit
la musique et les paroles, ce n'est qu'en les re-tapant qu'on a réalisé
d'où elles venaient.
Est-ce que Radiohead se sent une responsabilité de groupe prenant
acte des événements dans le monde ?
Thom : Non, certainement pas ! C'est genant, je faisais un
effort conscient de ne rien faire de la sorte - mais tout ça est dans
l'air.
Jonny : Hail To The Thief n'est pas un manifeste.
Thom : On aurait pu faire ça, mais ça aurait
directement fait imploser le groupe, je vous le garantis ! "Allez
les gars, on est les Clash! C'est parti !"."
au sujet de l'artwork
Thom : J'écoutais beaucoup Radio 4. Dès
que j'entendais un mot qui faisait "tilt" dans ma tête, je le
notais, jusqu'à ce que j'obtienne ces très longue liste, qui constitue
une grand partie de l'artwork.
NME George Bush a une carte sur laquelle il a inscrit ses plans
pour le Moyen Orient. Ici Radiohead en a fait un aussi.
Thom : Sauf que le notre est meilleur. Plus cohérent.




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